Une volonté politique

« Je ne connaissais rien de la pair-aidance quand le Docteur Delorme (Directeur national de la santé mentale, Direction de la santé mentale, ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)) est venu me parler, explique Diane Harvey, directrice de l’AQRP (voir plus haut), les politiques se sont basés sur les expériences américaines ». Bref, au Québec, la volonté politique a précédé le travail de terrain contrairement, à la Belgique où l’on semble connaître l’inverse. « Votre première démarche est d’aller au politique », clame Diane, « pour que l’expérience pair-aidant soit un succès, il faut une volonté politique, des usagers leaders et des soignants novateurs ».  Il est important aussi, pour les québécois de l’AQRP, de former d’abord les milieux d’embauche et ensuite, les pairs-aidants. Deuxièmement, il faut être intégré dans un réseau. La sensibilisation se fait dans les milieux demandeurs en organisant, par exemple, une journée entière sur la pair-aidance. A noter que le pire obstacle est constitué par les non-dits, c’est-à-dire, les silences de ceux qui sont « contre ». De cette sensibilisation peut se dégager la formation des milieux d’embauche. Parmi les difficultés rencontrées, la non-reconnaissance de la profession de pair-aidant et souvent aussi, du savoir expérientiel. Ou encore cette façon de dire : « nous sommes d’accord d’engager un pair-aidant à condition que vous nous donniez de l’argent ». Les québécois ont remarqué aussi que, malheureusement et, malgré le fait que le pair-aidant agit comme un levier contre les préjugés, celui-ci reste dans une certaine discrimination.