Se remettre à rêver

Au Pavois, important organisme (il accueille 800 personnes) à but non lucratif de type « club » - les membres y jouent un rôle actif - le mot « échec » ne fait pas partie du vocabulaire. On regarde plutôt les choses sous l’angle de l’expérience. Que m’a-t-elle permis d’apprendre sur moi ? L’approche du Pavois est centrée sur le rétablissement, chemin unique à chacun. Ici, nulle question de diagnostic ou de symptômes. L’idée n’est pas de répondre à des objectifs généraux (propreté, relations sociales…) mais de faire en sorte que chaque personne ait une vie satisfaisante. Comment pouvons-nous l’aider ? Il s’agit d’abord d’identifier ce qu’elle souhaite et ensuite, éventuellement, de l’aider dans ses démarches. L’important aussi est d’y aller par étape. Par où commencer ? Le Pavois, créé en 1989, a toujours travaillé avec des personnes à problématique de santé mentale au sein de l’équipe. Ce qui est considéré comme une grande richesse. Par ailleurs, une pair-aidante a été embauchée, ce qui n’a pas manqué de susciter des discussions. « La direction et certains membres de l’équipe freinaient, explique Brigitte Soucy, psychoéducatrice et responsable animatrice du REV (réseau d’entendeurs de voix), ils ne comprenaient pas la complémentarité savoir expérientiel/savoir clinique ou théorique».  Ici, l’espoir est insufflé par tous. L’apathie des personnes en manque d’espoir est considérée comme une protection contre toute la douleur emmagasinée depuis souvent des années voire, dizaines d’années. Il faut alors laisser le temps au temps, que la personne se remette à vivre et à rêver…

 

Pascale Fransolet et Sophie Céphale